Mardi j'étais à Release AEC, à la Cité des sciences. Une journée entière de démos d'outils IA et des conférences pour architectes. J'en reviens avec une conviction : l'IA a beaucoup progressé sur l'esquisse et l'image, mais pour le chantier, c'est encore à toi de t'inventer tes outils.

La newsletter a pris quelques jours de retard, pour vous proposer un tour d'horizon de ce salon dédié aux outils d'IA pour les architectes. On regarde ça.

1. Release AEC, le salon où les agences viennent trier

Release AEC est un salon d'un jour sur Paris, gratuit pour les professionnels, entièrement consacré au numérique et à l'IA dans l'architecture et la construction. C'était sa deuxième édition, le format change d'un salon classique : peu de stands, surtout des démos en direct et des conférences d'agences sur ces nouveaux outils. Sur la première édition, l'organisateur annonçait 32 exposants pour un peu plus de 600 visiteurs. Cette année, une quarantaine d'outils étaient en démo et 1500 visiteurs prévus.

Le public est très international et beaucoup de grosses structures venues voir ce qui est mûr et ce qui ne l'est pas encore. C'est ce qui rend la journée utile : on vient trier les outils à intégrer en agence.

J'y présentais cartes.archi, et j'étais à peu près le seul exposant à ne pas faire d'IA. Mon outil répond à un problème de données au démarrage d'un projet : réunir en une page tout ce qu'on sait d'une parcelle. Ça a beaucoup plu, justement parce que c'est un vrai problème d'agence, réglé simplement.

2. Image : tout le monde passe au canevas

Côté image, le message est unanime. Les outils spécialisés pour architectes, comme Gendo ou xFigura, ne vendent plus un générateur d'images. Ils vendent un canevas : un espace où tu enchaînes tes images, tes références, tes modèles 3D et plusieurs IA, avec plus de contrôle à chaque étape. Une conférence entière, celle d'Arquiz, portait sur les interfaces nodales pour la visualisation.

Workflow nodal dans Figma Weave pour générer des rendus d'architecture
Un workflow Figma Weave : un croquis en entrée, des presets de visualisation, et Nano Banana 2 qui décline les rendus.

Pour moi, c'est une confirmation. Si je présente Figma Weave (l'ancien Weavy) en formation, c'est parce que c'est d'abord une interface pour faire de l'image : tu branches les modèles que tu veux, tu gardes la main sur chaque étape. Les outils « archi » vont dans la même direction, avec une couche métier en plus pas indispensable, voire moins de transparence (on ne sait pas quel modèle est utilisé).

La bonne compétence en 2026, ce n'est pas de connaître un outil d'image. C'est de savoir construire une chaîne d'étapes que tu contrôles.

3. Le chantier, grand oublié du salon

Les grands éditeurs n'étaient pas là, sauf Graphisoft (Archicad). Leur intervention, avec l'ENSA de Nantes, présentait un sondage auprès d'étudiants en architecture : l'IA les inquiète beaucoup et on peut les comprendre. Mais on sent que les éditeurs historiques n'ont pas le même rythme que les startups.

Côté gestion d'agence, on trouvait des outils métier comme OOTI pour le suivi des projets et des honoraires, ou JOOC pour répondre plus vite aux appels d'offres. Globalement, tout est très axé sur les premières phases : esquisse, image, concours. Rien de vraiment concret pour la gestion administrative de chantier.

Pourtant, la liste des besoins est longue :

  • Exporter tes surfaces dans un tableur depuis une maquette Revit, Archicad ou IFC, à jour à chaque version, sans rouvrir le fichier.
  • Confronter ton CCTP à ta maquette pour repérer les incohérences.
  • Simplifier la consultation des entreprises : vérifier les devis, les comparer entre eux, lot par lot.
  • Gérer l'administratif des chantiers : générer des OS, des relances ou autres documents, à partir de modèles et de la liste des entreprises.

Quelques outils commencent à relire plans et pièces écrites (Tektome, Structured AI), mais ce n'est pas calibré sur le marché français et ils visent d'abord les grosses structures. Pour une agence de cinq personnes, ce n'est pas pour demain.

D'où ma conclusion : n'attends pas qu'un éditeur le fasse pour toi et te le vende en abonnement. Avec ChatGPT ou Claude, tu peux te fabriquer ces petits outils toi-même, sur ton besoin exact. C'est la meilleure façon d'apprendre à bien te servir de l'IA, et tu explores au passage ce qui te simplifie vraiment la vie.


Alors qu'est-ce qu'il faut mettre en place ?

  • Liste trois tâches qui te prennent du temps. Métrés, comparatif de devis, relecture du CCTP etc... Celles que tu refais à chaque projet.
  • Commence par la plus simple. Le comparatif de devis est un bon premier test : donne trois devis en PDF à Claude ou ChatGPT et demande un tableau par lot, avec les colonnes que tu veux.
  • Vérifie tout, ligne par ligne. L'IA fait gagner le temps de la mise en forme, pas celui du contrôle. Le premier essai sert à voir si c'est juste.
  • Transforme l'essai en outil. Quand la demande marche, demande à l'IA d'en faire une compétence (skill) que tu peux réutiliser la prochaine fois.

Pour résumer

  • Release AEC est le salon où les agences viennent trier les outils d'IA, avec un public international et beaucoup de grandes agences.
  • En image, tout converge vers le canevas nodal. C'est la logique de Weave, que je montre en formation.
  • La gestion d'agence progresse, le chantier attend. Surfaces, CCTP, devis, administratif : presque rien de concret.
  • Fabrique-toi tes outils. C'est plus rapide que d'attendre, et c'est comme ça qu'on apprend vraiment l'IA.

Sources


cartes.archi était donc l'outil sans IA du salon, et c'est peut-être pour ça qu'on s'y arrêtait : il règle un problème de données. Tu tapes une adresse, et tu as sur une seule page le cadastre, le PLU, les servitudes, les risques, les ventes récentes et la topographie, avec le site en 3D pour Revit ou Archicad.


Tu connais un architecte que le sujet intéresserait ?

Transfère-lui cette édition, ça prend dix secondes :

À la semaine prochaine,
Steven

Partager cet article

Partager sur Facebook
Partager sur X
Partager sur LinkedIn