Chaos, éditeur de V-Ray et Enscape, s'est associé à la plateforme Architizer pour interroger 1 227 professionnels de l'architecture aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans plus de 100 pays. Résultat : 46 % utilisent déjà des outils IA, 24 % prévoient de s'y mettre prochainement, et 74 % comptent augmenter leur usage l'année prochaine.
Les architectes utilisent principalement l'IA en phase amont : génération d'images à partir de prompts texte et retouche d'images. 67 % se disent satisfaits de la qualité des rendus IA en phase esquisse. Mais ce chiffre chute à 30 % dès qu'on passe au développement détaillé — le manque de précision et de contrôle reste un frein majeur.
Côté adoption par taille d'agence, la tendance est claire : plus l'agence est grande, plus l'IA est présente. Dans les structures de 100 personnes et plus, 55 % utilisent l'IA de manière régulière.
60 % se forment seuls : le vrai problème
Le chiffre le plus marquant de l'enquête : 60 % des architectes qui utilisent l'IA l'ont fait sans aucune formation formelle. Ils apprennent sur le tas, par essai-erreur. Ce chiffre monte à 78 % si on inclut ceux qui prévoient de se former bientôt.
Les trois freins principaux à l'adoption : fonctionnalités IA encore limitées pour l'architecture (50 %), problèmes d'intégration avec les logiciels existants (38 %), et manque de ressources de formation adaptées (37 %).
Malgré ces obstacles, 86 % des répondants estiment que l'IA aura un impact significatif sur l'avenir de la profession, et 70 % sont à l'aise avec l'idée d'intégrer des propositions générées par IA dans leur processus de conception.
Ce que ça change pour les architectes
Ces chiffres confirment deux réalités. D'abord, l'IA n'est plus un sujet de curiosité mais un outil de travail pour près de la moitié de la profession. Ensuite, le manque criant de formation structurée représente une opportunité massive : les architectes veulent utiliser l'IA, mais ils tâtonnent seuls.
Pour les dirigeants d'agence, l'enjeu est clair : organiser la montée en compétence des équipes plutôt que laisser chacun se débrouiller.
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